4 juillet 2022

Au Chili, s’il y a bien une région où l’on peut prendre conscience et comprendre ce qu’est la Terre dans toute sa dimension, c’est bien celle de San Pedro de Atacama. Ce lieu fourmille de formations géologiques et où l’expression tellurique va du plus petit cristal aux paysages les plus grandioses. Au cours de ce voyage, nous vous emmènerons connaître divers paysages depuis ceux taillés dans la roche, à ceux colorés et dessinés par les minéraux, en passant par ceux révélant la résistance des pierres face aux éléments. Enfin, nous irons nous émerveiller des morceaux d’espace venus sur Terre !

La gorge du diable - mag

 

La gorge du Diable

 

Ce matin-là, nous nous dirigeons non loin du village de San Pedro. Nous prenons le chemin vers Catarpe. Dans un premier temps, nous passons les ruines du Pukara de Quitor puis nous traversons à plusieurs reprises la rivière San Pedro. Un peu plus loin, notre guide prend sur la droite et nous découvrons alors l’entrée d’un canyon. Nous voilà devant la gorge du Diable connu ici sous le nom de quebrada ou garganta del Diablo. Nous continuons cette fois à pied dans ce chemin qu’il est aussi possible de parcourir à vélo. Le chemin, creusé par l’érosion, devient alors sinueux entre ces deux falaises d’argile. À chaque virage, c’est une nouvelle découverte ! La quebrada nous attrape et nous envoûte, nous voulons continuer, ne nous lassant pas de ce dédale de roche. Et tout au bout de cette balade longue de 3 heures environ, se trouve, perchée sur la colline, la petite chapelle blanche de San Isidro.

Katarpe

 

La Vallée de l´Arcoiris

Pour voir la vie en couleur, à San Pedro de Atacama, c’est simple ! La Vallée de l’Arc-en-Ciel ou Valle Arcoiris en espagnol, est sans conteste le lieu à visiter ! C’est Francisco, notre guide, qui nous y a conduit et qui nous aide à déchiffrer ce paysage plus qu’envoûtant. Cette mosaïque de couleur digne de faire rougir de jalousie les palettes des plus grands peintres ! Entre formes et teintes, nous sommes là devant ce qui est sans contexte une œuvre de la nature ! Libre à chaque imaginaire d’y voir une pieuvre, un éléphant ou toute autre ressemblance avec un animal. Pour comprendre ce paysage extraordinaire, nous nous intéressons à formation de la Vallée qui s’est réalisée en plusieurs étapes. La couleur la plus présente est cet ocre rouge de l’argile issu de l’érosion, de la transformation et de l’oxydation de cendre et des roches volcaniques. Cette couleur chaude contraste avec des zones blanches. Celles-ci témoignent qu’une fraction d’océan qui s’est retrouvée là, isolée. En effet, diverses éruptions ont donné naissance notamment au Cordon de Lila au sud, à la Cordillère de la Côte puis à la Cordillère de Domeyko à l’ouest déplaçant ainsi les masses d’eau. Et puis il y a cet incroyable vert ! On pourrait croire qu’il s’agit là d’oxydation de cuivre mais il n’en n’est rien. Ce sont des roches intrusives, c’est-à-dire des roches qui se sont solidifiées avant d’atteindre la surface. Encore en profondeur, en présence d’eau et sous l’effet de la pression, se sont formés peu à peu des cristaux d’épidotes et de chlorite. Nous restons un long moment à nous émerveiller devant ce paysage haut en couleur. Juste avant de partir, 3 ânes sauvages, curieux, viennent nous saluer !

De roches en roches

 

La Caldera de La Pacana et ses moines

 

À la limite entre le plateau andin et la puna argentine, au point de rencontre de l’Argentine, de la Bolivie et du Chili, se trouve la Caldera de Pacana. En géologie, les calderas sont les témoins des plus grandes éruptions volcaniques. Suite à l’évacuation du magma en surface, l’espace laissé vide sous terre crée une instabilité et le sol s’affaisse alors. À Pacana, cette structure d’effondrement couvre une superficie de 6000 km², c’est dire l’ampleur de l’éruption ! C’est d’ailleurs l’une des plus grandes calderas du monde. Le volume de matière dégagée serait de 2500 km³.

La Caldera de La Pacana et ses moines - mag

Située en moyenne à une altitude de 4200 à 4500 mètres d’altitude, ses points les plus haut atteignent plus de 5000. Mais la Caldera est tellement grande qu’une fois sur place, il est difficile de se rendre compte qu’on est en son cœur. Cependant, et c’est là toute la beauté de l’excursion, c’est en s’y rendant que l’on découvre des sculptures iconiques du désert d’Atacama. Ce sont les fameux moines de La Pacana. Uniques devant l´éternité, ces roches dressées comme un seul homme au milieu d’une immensité désertique témoignent du temps et des vents qui passent. Le centre de la caldera était auparavant rempli de matière friable et mobile. Celle-ci, emportée par les vents et les pluies, a dévoilé petit à petit une série de sculptures faites de roches plus solides. Ainsi sont nés les moines de La Pacana. À dire vrai, ces géants de pierre impressionnent. Au milieu cette étendue vide à perte de vue, ils offrent une vision d’irréel dans un paysage aux allures extraterrestres.

De roches en roches - mag

 

Musée de la météorite

 

C’est un petit musée qui, d’extérieur, paraît sans prétention et pourtant ! Sous ce dôme couvert de sable situé à 5 minutes à peine de la place de San Pedro, se trouve un condensé de connaissances et une (re)découverte assurée de l’histoire des planètes à travers l’observation d’une collection importante de météorites. La visite qui dure environ 1h30, entre audioguide et temps de parole, est un détour plus qu’intéressant qui change le regard de tout un chacun ! Après cette “révélation”, à chaque sortie, à chaque arrêt dans le désert, chaque pierre observée prend alors une autre dimension et l’esprit, curieux, s’évade vers des pensées lointaines. Croyez-en mon expérience !

Musée de la météorite - mag

 

Anne B.

Carnet pratique

Comment y aller ? De de Santiago des vols réguliers vous amène à Calama puis direction San Pedro de Atacama.

Quelques conseils pour les excursions : les protections solaires (lunettes et crème) ainsi que des bouteilles d’eau sont à emporter avec vous.

La gorge du Diable : prendre la sortie nord est de San Pedro, direction Calama. Puis bifurquer vers le nord direction Catarpe. Continuer sur environs 6 km en suivant et en traversant 4 fois la rivière San Pedro, jusqu’à arriver à un panneau côté droit indiquant “Quebrada del Diablo”.

Vallée  Arcoiris : située à 90 km de San Pedro, pour s’y rendre prendre la route direction Calama (CH 23) puis prendre au nord la route indiquée Río Grande (B207) continuer jusqu’aux pétroglyphes de Río Grande. Prendre la direction du nord et longer le Río Salado jusqu’à la Quebrada Chuschul.

Caldera de la Pacana : de San Pedro se diriger vers l’est et prendre la route CH 27 sur 83 km. Attention : en raison de l’altitude élevée, il est important de prendre son temps, monter lentement et une fois sur place, limiter les efforts sous peine de mal d’altitude. S’agissant d’un trajet exigent, il est recommandable de choisir l’option chauffer-guide.

Musée de la météorite : ouvert de mardi à dimanche de 10h à 13h et de 14h à 18h, rue Tocipilla 101, San Pedro de Atacama, à 5 minutes à pied du centre. Durée de la visite 35 minutes avec audio-guide en français.

Un circuit ? Les joyaux du Nord du Chili.

 

Diaporama

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